Tuesday, October 30, 2012

Printemps érable:lutte,résistance et victoire

Cette fois-ci on récupère un chapitre de la lutte étudiante au Québec paru sous la section "Pense-bete" du site Archyves en Mai ; surnommé le “printemps érable” offre une exemple pas seulement du succès de la plus longue grève (13 février au 7 septembre 2012 ) dans les universités publiques au Canada mais aussi des longueurs auxquelles l´État a démontré a être prêt a se rendre pour lui mettre fin : intimidation, répression policière et, à la fin, des reformes légales (Loi 78) pour renforcer la coercition sur les étudiants/antes. 
La cause première de la grevé, la hausse des frais de scolarité et par extension l´haut cout de l’éducation supérieure c´est un sujet récurrent ailleurs dans les Amériques (Chili, Colombie...) et certains pays occidentaux , où les protestations contre les coupures dictées par les politiques d´austérité s´unissent a une tentative de discussion plus profonde sur le modèle de société, le rôle de l´État et la place des mouvements sociaux. 
Spécialement lorsque une fois depuis une autre et de façon de plus en plus souvent les organisations politiques classiques, soient-ils syndicats de concertation ou partis politiques institutionnelles qui continuent  prisonniers  des stratégies et discours  sans variation majeure  même devant la transformation profonde  de la réalité et des données du combat sociale, politique et vitale auquel nous aspirons à contribuer, dans lequel des organisations comme La Classe constituent aujourd’hui un référent pour tous ces nouveaux acteurs.
On a édité partiellement l'article, y ajoutant des hyperliens et materiel d'autres sources vous pouvez consulter l'article en son intégrité (avec tous les photos) ici


[Antidote au pessimisme ambiant —À propos du Printemps Erable au Québec, un mouvement pan-américain de refusde l’endettement scolaire obligatoire.]
On se souvient que c’est dans le berceau du néo-libéralisme thatchérien, en Angleterre, qu’un vaste mouvement étudiant avait contesté les coupes budgétaires dans le domaine de l’éducation qui se traduiraient là aussi par un renchérissement des droits d’inscription et donc un endettement massif de l’immense majorité des candidats à la fac et autant de boulots précaires sous-payés pour joindre les deux bouts. Un tel clash social ne s’était pas vu outre-Manche depuis des décennies.

Sur le continent américain, la contestation radicale de l’endettement forcé des candidats à l’Université a commencé au Chili par une grève étudiante de cinq mois entamée en mai 2011. Dans ce pays où justement, depuis l’arrivée des Chicago boys de la contre-révolution libérale dans les valises du Pinochet, l’enseignement supérieur avait été totalement privatisée. Face à des manifestations monstres de dizaines de milliers de jeunes scolarisés & précaires, deux ministres ont dû démissionner. Et le troisième, Harald Beyer, croyant calmer le jeu (de dupe), en annonçant la création d’une agence publique qui remplacerait les multinationales bancaires pour assigner les prêts et bourses aux étudiants, vient de relancer la contestation. Pour preuve, plus de cent mille jeunes manifestants dans les rues de Santiago le 25 avril dernier.
Aujourd’hui c’est dans la province francophone du Canada que ça prend une ampleur inégalée: trois mois de grève, deux cent mille personnes dans les rues de Montreal le 22 mars, et aucun essoufflement ni enlisement à l’horizon. Bien au contraire, des initiatives qui s’inspirent du mouvement Occupy étasunien, qui essaiment hors les facs, qui se réapprorie la rue & la pensée critique, tous azimuts. En écho aux pionniers du Printemps Arabe, ils ont appellé ça Printemps Erable, avec cet adage en guise de sous-titre: «Ils pourront couper les feuilles, ils n’arrêteront pas le printemps.»
Pour déjouer les négociations en trompe-l’œil, le mouvement a choisi de multiplier les initiatives, au-delà de la normalité routinière: des marches de nuit au cri de «Fuck la trève, vive la grève!» qui, déclarées illégales à partir de 22 heures, ont donné lieu à un début de répression musclée. D’autant que la police locale a déjà pas mal de bavures à se reprocher. Et que depuis une décennie, le Collectif Opposé à la Brutalité Policière (COBP), organise un cortège rituel le 15 mars pour protester contre la violence étatique et ses cow-boys en uniforme.Certains, pour participer à ce courant d’incivilité festive, ont pris le parti de la franche dérision., en organisant un pseudo-défilé des «étudiants super-riches du Québec», le 1er avril.

D’autres, du mouvement BixiPoésie, on préféré coller des stickers pirates sur le garde-boue des vélos municipaux, en lieu et place des slogans publicitaires récemment alloués à des sponsors privés.Des multiples façons de faire collectif hors des sentiers battus, on se fera une idée en compulsant cette banque d’images Quelques notes, nothing pretentious, abondante et attentive aux moindres détails. Parmi les photos en libre-partage, ce-là.

Pas d’angélisme non plus, la contagion subversive du mouvement finissant par inquiéter les autorités, on a vu ressortir l’arsenal habituel des tentatives de division & intimidation des fauteurs de trouble… et la sempiternelle invitation au retour à la normale, de gré ou de force. D’abord par la dénonciation systématique du syndicat le plus combatif (et le moins corporatiste), la CLASSE, dont l’extrémisme «irresponsable» a été souligné dans les news officiels. Pour juger sur pièce, on pourra écouter le discours d’un de ses porte-paroles, Gabriel Nadeau-Dubois, sur cette vidéo qui doit beaucoup, sur le fond et la forme, aux activistes de Occupy Wall Street.
Ensuite par la surenchère répressive et le pourrissement tactique, destinés à trier le bon grain de l’ivresse anarchisante, puis à stigmatiser les actes criminels des méchants Black bloc (un jet de fumigènes dans une station de métro présenté comme un «attentat»). Ainsi, le 4 mai, lors du rassemblement à Victoriaville, où se tenait le conseil général du Parti libéral actuellement au pouvoir, la foule, déterminée à encercler le bâtiment, a connu des charges et des gazages d’une rare violence. Le nombre de blessés, manif après manif, ne cesse de s’accroitre. Et l’obligation de reprendre les cours sous la «protection» des brigades anti-émeute devient monnaie courante. Plusieurs vidéos en témoignent, militante ou aux ordres, ici et . Pour goûter aux débats qui font rage là-bas, on pourra se reporter sur ces blogues la swompe et Poème Sale qui tentent de «jaser» sur l’immédiate actualité et la «fêlure» qui en émerge. On ira également lorgner du côté de la Force étudiante critique et de la revue numérique Fermaille. On pourra aussi lire la mise au point des libertaires du Carré noir.
Mais on écoutera aussi très attentivement ce texte de Marie-Christine Lemieux-Couture, scandé en plein air par Katia Gagnon au parc Émilie-Gamelin, le 25 avril 2012, durant la manifestation «Ostie de grosse manif de soir». On en goûtera la ligne de tension poétique & politique, sous-titrée pour les peu-comprenants, ici même.
Pour mieux saisir les références cachées de ces vers libres, on reviendra à la source d’un autre poème fondateur, Speak white, de Michèle Lalonde, créé en 1970 à l’occasion de de la première Nuit de la poésie à Montréal, qui a fait l’objet en 1980 d’un montage parallèle d’images contextuelles, à ne pas manquer, c’est juste là.Et en guise de dédicace à tous les foutus endetteurs patentés, ces deux réponses lapidaires, brandies par quelques-uns des 99% planétaires, ces insolvables précaires et fiers de l’être…
Post-scriptum du 15 mai:
Tandis que, à Montréal, quatre personnes sont toujours en détention provisoire, après dénonciation, pour jet de fumigènes dans une station de métro sous le chef d’inculpation ubuesque de «incitation à craindre un acte terroriste», une banderole de soutien a été déployée au cours de la manif de soutien du 14 mai, qui vaut pour là-bas, ici & ailleurs:

«L’État brutalise, les médias terrorisent, nous sommes tous fumigènes!»

Parmi les gardés à vue préventifs du jour, la mascotte des derniers cortèges, un prof de philo déguisé en «Anarchopanda», selon son pseudo-profil sur Fakebook. Qui contrevient ainsi au récent projet municipal d’interdire aux manifestants le port d’un masque «sans motif raisonnable».Quant aux piquets de grève brisés par les Robocops, au Collège Lionel-Groulx comme ci-dessous, ça se passe de commentaires… (on a repris le video de WorldNews.com)

Plus d'Information
Québec Ce qui secache derrière l’endettement étudiant @helenefrederick 30 mai 2012

Sur la web



Sur le blog
Section Vidéos "Speak Rich in Tabernaque" Texte de Marie-Christine Lemieux-Couture, récité par Katia Gagnon au parc Émilie-Gamelin, le 25 avril 2012, durant la manifestation "Ostie de grosse manif de soir" sur À propos du Printemps Erable au Québec, un mouvement pan-américain de refus de l’endettement scolaire obligatoire Archyves 14 Mai 2012 


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