Le Tribunal sur le Congo c´est une initiative du réalisateur suisse Milo Rau que, a
l´instar d´autres tribunaux de conscience comme le Tribunal Sartre Russell sur la
guerre au Vietnam, cherche a mieux comprendre pour rendre justice aux victimes de
l´spirale de violence, pillage et viols qui a engloutie la République Démocratique
du Congo (RDC) pour les derniers 20 ans. Avec l´aide d´experts internationaux
et représentants congolais le Tribunal a tenu deux séances : la première a
Bukavu (RDC) le 29 et le 31 Mai 2015 de et la deuxième a Berlin, Allemagne entre 26 et 28 June 2015 le qui ont examiné pas
seulement les violations aux droits de l´homme commises pendant le conflit mais
aussi ses responsables, au-delà des acteurs locales et régionaux présents sur
le terrain ainsi que ses complices dans
le rang des anciennes puissances coloniales. Les travaux du Tribunal seront
l´objet d´un documentaire qui devrait etre disponible en 206.
On récupère
ici la contribution de Colette Braeckman au Tribunal (vous trouverez une autre volet sur le sujet ici); une des plus réputées
experts sur la RDC (et par extension l´Afrique des grands lacs incluant le
Rwanda et le Burundi) Madame Braeckman dresse un portrait historique de la chute
de la RDC dans le cycle de violence et impunité qui débuta avec le génocide rwandais de 1994. Son opinion vis-à-vis
de la sous-dite communauté internationale, représenté a l´occasion par les
Organisation des Nations Unies, s´avère sévère. Pas seulement par son apparente
incapacité pour freiner les abus contre la population civile au Congo mais
aussi et peut-être surtout maintenir un
zone de non-droit ou le pillage des matières premières (notamment Coltan et
autres minéraux) peut-il continuer sans entraves parmi les abus et les exactions contre les civils.
On
a ajouté des hyperliens, matériel graphique et à la fin de l´article
information de contexte
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| Carte de la Republique Democratique du Congo par of the translation Eric Gaba (Sting) — CIA World Factbook. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - |
Colette Braeckman 1 Juillet 2015
Ce dimanche d’avril 1994, tous les drapeaux de toutes les agences
de l’ONU, de toutes les ONG flottaient très haut au dessus des véhicules
qui se dirigeaient vers le Burundi. Lorsque le convoi était arrêté aux
barrages, les civils tutsis étaient brutalement extraits des voitures
bondées et massacrés sur le champ. Seuls les expatriés arrivèrent sains
et saufs à la frontière. Trois jours plus tôt, dix Casques bleus belges,
qui avaient pour mandat d’observer l’application des accords de paix,
avaient été massacrés à Kigali après avoir été obligés de rendre leurs
armes. Dans le courant du mois d’avril 1994, après le départ du
contingent de 500 casques bleus belges, la mission des Nations Unies au
Rwanda, dirigée par le général Dallaire, allait être sensiblement
réduite.
